Il ne s'agit pas de tomber dans une psychose exagérée mais il faut respecter tout de même des règles élémentaires de sécurité. Parmi la plus importante : ne pas sortir la nuit et éviter certaines frontières (Somalie) !

"ne pas sortir la nuit", c'est valable aussi bien dans les réserves que dans les villes ...

Quelques conseils importants aux touristes qui visitent le Kenya, avec un témoignage à la clé.

Situation générale après les élections

Après les élections présidentielles de décembre 2007, de graves troubles ont éclaté dans l’ouest du pays et dans quelques villes. En avril 2008, un gouvernement de coalition a été mis en place. Dans une grande partie du pays, la situation s’est apaisée, mais reste tendue. Le 4 août 2010, le projet de nouvelle constitution a été largement approuvé par le peuple. Le référendum s'est déroulé dans le calme. Cependant, des tensions politiques pourraient encore apparaître, en particulier pendant la période précédant les prochaines éléctions présidentielles prévues en 2012. Suite à la sécheresse et aux mauvaises récoltes, certaines régions rurales doivent faire face à une pénurie alimentaire. Cette situation risque d'entrainer une recrudescence de la criminalité. Des conflits locaux, liés à la mise en oeuvre de la nouvelle constitution, pourraient également éclater.

Il y a un risque d’attentats terroristes sur l’ensemble du territoire. En particulier, le groupe somalien al-Shabab menace de perpétrer également des attentats au Kenya. Prenez également en considération la rubrique terrorisme et enlèvements.

Avant et pendant le voyage, informez-vous dans les médias et par votre agence de voyage sur le développement de la situation. Évitez les manifestations de tout genre, car des débordements sont possibles. Suivez les recommandations des autorités kenyanes et de votre agent de voyage local.

Risques régionaux spécifiques

La description des zones à risques repose sur des données approximatives; les risques ne peuvent se restreindre à des zones délimitées.

Mombasa, Nairobi: La population vivant dans les bidonvilles a fortement souffert des troubles qui ont eu lieu entre fin décembre 2007 et début 2008. La situation sécuritaire reste tendue. Renoncez à visiter les bidonvilles.

Régions du nord, du nord-est et de l’ouest: Les affrontements entre différents groupes ethniques pour des raisons politiques et économiques ont fait de nombreuses victimes ces dernières années. Les heurts sont surtout localisés dans des régions reculées. Si vous voyagez dans le nord, le nord-est et l’ouest du pays, faites vous accompagner d’une personne fiable qui connaît bien les réalités locales.

Région frontalière avec la Somalie: Les troubles en Somalie peuvent avoir des répercussions sur la situation sécuritaire dans la région limitrophe du Kenya. Le risque d’agressions et d’enlèvements est réel. Restez à grande distance de la zone frontalière avec la Somalie. Par ailleurs, il est vivement recommandé aux personnes qui prévoient de se rendre à Lamu, sur la côte nord-est, de faire le trajet par avion.

A la frontière ouest, Mont Elgon y compris, il convient d'éviter la région des Pokot, en raison de conflits tribaux fréquents.


Criminalité

Largement répandue, la criminalité violente constitue le principal danger particulièrement pour les personnes voyageant seules. Sur les routes nationales, les cas d'agressions à main armée sont nombreux, surtout après la tombée de la nuit. Il est arrivé dans des cas isolés que des groupes de touristes en voyage organisé soient également attaqués. Dans les villes, les vols de véhicule sous la menace ou avec recours à la violence ainsi que les vols à main armée sont fréquents, principalement la nuit. Le nombre d'effractions et d'agressions dans les maisons de vacances, notamment celle situées le long de la côte, a considérablement augmenté. Leurs auteurs peuvent recourir à la violence, même si la victime n'oppose aucune résistance. Il est notamment recommandé de prendre les mesures de précaution suivantes:

  • Ne portez pas d’objets de valeur (montres, bijoux, etc.) ni de grosses sommes d’argent sur vous.
  • Renseignez-vous sur place sur la situation et, en particulier, sur les quartiers à éviter, auprès de vos connaissances, de vos partenaires d'affaires ou du personnel de l'hôtel.
  • Évitez les quartiers peu fréquentés et renoncez aux promenades nocturnes.
  • Utilisez uniquement des taxis à l’hotel ou des taxis qui portent le nom d’une compagnie.
  • Évitez les plages peu fréquentées.
  • Refusez toute boisson ou nourriture de la part d'inconnus. Il arrive que celles-ci contiennent de la drogue dans le but de mettre les victimes hors d'état de résistance pour les dépouiller par la suite.
  • Gardez les portières de son véhicule verrouillées et les vitres relevées, et abstenez-vous de voyager de nuit à travers le pays.
  • En cas d'agression, n'opposez aucune résistance, car les assaillants n'hésitent pas à recourir à la violence.
  • Préparez minutieusement les voyages individuels et informez-vous au préalable de la situation en matière de sécurité.
  • Mettez en place un dispositif de sécurité adapté à votre bâtiment (mesures de construction, sociétés de gardiennage, agents de sécurité).

Des actes de piraterie ont été commis à de multiples reprises dans l'océan Indien y inclus les eaux kényennes. 


Transports et infrastructures

Un réseau routier en mauvais état, des véhicules mal entretenus, des infractions au code de la route, notamment, font que les risques d'accidents sont particulièrement élevés au Kenya (même à bord d'un autocar). C'est une raison de plus de ne pas circuler de nuit en dehors des villes.
Le mauvais entretien du réseau ferroviaire est à l'origine de plusieurs accidents graves. Suite aux débordements qui ont commencé à la fin du mois de décembre 2007, l’infrastructure ferroviaire a été endommagée et le réseau est interrompu à plusieurs endroits. Il est déconseillé de voyager en train.

Dispositions légales particulières

Les actes à caractère homosexuel sont interdits. Les installations militaires et les édifices publics ne peuvent être photographiés que sur autorisation officielle (ponts, bâtiments administratifs, etc.). Toute offense faite au chef de l'Etat et la destruction de billets de banque sont punissables.
Les infractions à la loi sur les stupéfiants sont passibles de peines de détention pouvant aller jusqu'à la prison à perpétuité. Les conditions de détention sont extrêmement mauvaises.

Particularités culturelles

Respectez les traditions des tribus locales et la sensibilité religieuse de la population (la population des provinces côtières est en majorité musulmane). Ne photographiez des personnes qu'avec leur consentement.


Témoignage
On ne le repetera jamais assez : ne jamais sortir la nuit !
«Tous les touristes sont en danger au Kenya...»

Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 18.08.2010
La famille du grand reporter romand, producteur de «Temps présent», a été violemment agressée dans sa maison de vacances kényane. Il dénonce l’incurie des autorités.
«Nous avons été attaqués le 6 août, à notre retour d’un repas familial. Il faisait nuit. Avec ma femme et mes enfants, nous sommes tombés dans un guet-apens.» Jean-Philippe Ceppi, producteur de Temps présent sur la TSR, connaît bien le Kenya. Il en a épousé une ressortissante, y possède une maison. Il connaît bien l’Afrique aussi, un continent sur lequel il a passé de nombreuses années comme correspondant, couvrant notamment la tragédie rwandaise et la guerre civile en Somalie. C’est un homme qui n’a pas froid aux yeux, qui s’est déjà retrouvé dans des situations périlleuses.

Pourtant, ce soir-là, alors qu’il est venu passer des vacances «chez lui», à Kilifi, un petit village de bord de mer au nord de la ville portuaire kényane de Mombasa, il se retrouve agressé comme n’importe quel touriste pourrait l’être. Cinq ou six hommes attendaient, tapis dans l’ombre, armés de pistolet, barre de fer et machettes. «L’attaque a été soudaine et d’une violence inouïe. Nous n’avons rien vu venir. Tout s’est passé si vite.»

Coups et menaces. Ceppi est violemment frappé à la face avec une barre de fer et, à part baisser la tête et prendre des coups, il ne peut rien faire. Après s’être fait copieusement tabasser, lui et sa femme sont forcés de donner tout ce qu’ils ont: montres, téléphones, bijoux et argent. «Ils tenaient nos enfants en otages. Ma femme a été menacée de viol, sous la contrainte d’une machette. Ils étaient comme fous. Une violence gratuite insensée. L’acte de drogués sans doute.» Grièvement blessé à l’œil gauche, le journaliste doit à l’intervention de l’ambassade de Suisse à Nairobi de ne pas en rester borgne. «L’ambassadeur a trouvé le meilleur ophtalmologue de la capitale kényane. Et il a fait en sorte que je sois soigné le plus rapidement possible.»

Depuis, la famille Ceppi est rentrée en Suisse. Elle panse ses plaies et pense aussi à sa chance. «Nous aurions pu mourir», admet Jean-Philippe Ceppi qui pointe du doigt une situation sécuritaire catastrophique. «Au Kenya, la criminalité est hors de maîtrise. L’Etat ferme les yeux et la police est notoirement corrompue, totalement inefficace. Le pays traverse une importante vague de violence.» Une vague qui touche les touristes jusque dans les parcs nationaux pourtant réputés sûrs, ou sur les plages de Mombasa.

Climat d’insécurité. «Ça me déchire le cœur de constater cette situation», confie le journaliste. «Ma femme est Kényane. Nous avons de la famille là-bas. Mais je ne peux pas faire autrement que de dénoncer ce climat d’insécurité qui met tous les touristes en danger. Se taire ne serait pas rendre service à ce pays. Cette situation est d’autant plus troublante pour moi que le Kenya vient d’accepter une constitution plus démocratique et plus moderne dans un climat serein. Elle marque des avancées notoires en reconnaissant par exemple la double nationalité. Le pays remonte la pente après les violences postélectorales meurtrières de fin 2007.»

Misère et corruption. Mais Ceppi, qui a bourlingué aux quatre coins de l’Afrique, sait très bien qu’un Occidental comme lui peut rapidement devenir une cible dans un pays où la moitié de la population vit avec seulement un dollar par jour. «Nous avons peut-être été un peu naïfs en ne prenant aucune mesure de sécurité particulière, reconnaît-il. Mais le Kenya est notre deuxième patrie. Un endroit où, jusque-là, nous ne nous sommes jamais sentis en danger.»
Y retournera-t-il? Le journaliste hésite. «Pas ma femme. En tout cas pas tout de suite. De mon côté, j’y retournerai. Mais il faut que ce pays évolue rapidement et chasse ses démons que sont l’impunité, la corruption et la misère.»



Dangers à la frontière somalienne

2009 :Trois humanitaires enlevés au Kenya et emmenés en Somalie

En novembre, deux religieuses italiennes avaient déjà été enlevées au Kenya par des hommes armés somaliens dans une localité frontalière et emmenées par leurs ravisseurs en Somalie. Elles avaient été libérées le 19 février.

Des étrangers sont régulièrement enlevés en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, avant des demandes de rançon. Journalistes et humanitaires sont particulièrement visés par ces enlèvements crapuleux.

Un article complet ici.

 


 

Corruption, manque de cohésion sociale, tensions éthniques sont bien présents et s'expliquent par un siècle passé très lourd en évènements ... La sècheresse de plus en plus fréquente dans certaines régions

C'est l'objet du post suivant :  "Tensions politiques et sécheresse"